De la brièveté de la vie - Sénèque

De la brièveté de la vie – Sénèque

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Il y a de ces livres qui un jour croisent votre chemin et qui vous changent à tout jamais. Celui-ci a été conseillé par mon père, pendant mon adolescence et je le remercie. Sur le moment, je n’ai pas compris toutes les paroles et leurs profondeurs surtout. Mais plus je grandis, et plus je saisis. Je voir au fur et à mesure le sens de certaines vérités cachées sous d’autres mots. Je ressens comment cela peut raisonner en moi.

Du coup, j’ai envie de le partager, parce que Sénèque a réussi à tout dire en quelques paragraphes là où d’autres se sont évertués et s’évertuent à essayer de transmettre ce message. Voici l’extrait qui résonne le plus en moi. Celui qui représente bien (à mes yeux), cet ouvrage et son message profond.

IV. D’où vient donc tout le mal, ô hommes? Vous vivez comme si vous deviez toujours vivre ; jamais il ne vous souvient de votre fragilité. Loin de mesurer la longueur du temps écoulé, vous le laissez perdre comme s’il coulait à pleins bords d’une source intarissable ; et peut-être ce jour que vous sacrifiez à tel homme ou à telle affaire est le dernier de vos jours. Vous craignez tout, comme de chétifs mortels ; et comme des dieux vous voulez tout avoir. Rien de si ordinaire que d’entendre dire : « A cinquante ans je quitterai tout pour la retraite ; à soixante ans je prendrai congé des emplois. » Et qui donc te garantit que tu dépasseras ce terme? Qui permettra que les choses aillent comme tu les arranges? N’as-tu pas honte de ne te réserver que les restes de ton existence, et de destiner à la raison le seul temps qui ne soit bon à rien? Qu’il est tard de commencer sa vie à l’époque oh elle doit finir! Quel fol oubli de la condition mortelle que de remettre à cinquante ou soixante ans les projets de sagesse, que de vouloir entrer dans la carrière à un âge où peu d’hommes ont poussé la leur! Vois comme il échappe aux plus puissants et aux plus élevés d’entre les humains des paroles de regret, des vœux pour ce repos qu’ils préconisent, qu’ils préfèrent à toutes leurs prospérités. Ils voudraient bien par instants descendre de leur faîte, s’ils le pouvaient impunément : car lors même qu’au dehors rien ne l’attaque ou ne l’ébranlé, toute haute fortune tend à crouler sur elle-même.

Si vous souhaitez continuer à le lire, c’est par ici => ouvrage entier.