Prendre un taxi au Maroc, récit et péripéties

Prendre un taxi au Maroc, récit et péripéties

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Notre séjour au Maroc pour le Stage « Voyage au coeur de soi » a été rythmé par les émotions, les ressentis, les nouveaux regards sur les choses, mais surtout, par un lot de péripéties incalculable liées aux taxi nous invitant à découvrir le véritable lâcher-prise. Et la seule première journée mérite que l’on s’y attarde.

5h du matin – Nantes

Tout commence par une aventure en avion, au petit matin du 20 Juillet, pour un décollage à 5h du matin à Nantes. Une journée assez chaude pour la saison (les premières pour nous habituer), et une légère fatigue matinale. Le vol se passe agréablement, bien qu’un peu agressif sur les changements d’altitude par le pilote, mais passons. Arrivées à l’aéroport de Marrakesh, 38 degrés, une autre ambiance, et la découverte de la brume « sèche » comme ils la désignent là-bas: un voile permanent, mélange de sable, de chaleur, de pollution, qui étouffe et empêche de voir au loin. Mais qu’importe, nous somme censées ne rester que quelques minutes et repartir dans le Bus pour Essaouira, où il fera moins chaud là-bas.

9h du matin – Marrakesh

Comme dans n’importe quel aéroport, les taxis attendent devant la sortie et nous leur demandons de nous déposer à la gare routière. Les véhicules sont propres et notre voyage se passe sans encombres bien qu’il faille leur faire comprendre que oui, nous prenons bien le bus, et que non, nous ne négocieront pas pour aller directement avec eux jusqu’à Essaouira. C’est qu’ils sont persuasifs ces marocains!taxi maroc anecdote histoire

9h30 – Marrakesh

Sauf qu’arrivés à la gare, pas de Bus jusqu’à midi, le nôtre étant déjà parti. La question se pose alors, attendons-nous ou prenons-nous un taxi? Habituée un peu aux voyages, je sais que les prix qu’ils nous donnent sont ceux des touristes, et nous voilà parties à négocier. Au bout d’un petit moment, nous tombons d’accord sur un prix un peu élevé, mais moins que le prix de départ, et nous suivons notre chauffeur… jusqu’à une vieille mercedes bien pourrie, censée être notre moyen de locomotion. Les autres participantes du stage tiquent, pas moi, avec l’Indonésie, j’ai vu pire.

Nous voilà donc partie, dans cette automobile sans possibilités d’ouvrir une des vitres arrières et avec un chauffeur pied au plancher. Marrakesh, c’est quand même civilisé, et même si les gens doublent n’importe comment, ça reste une grande ville avec des grands axes réglementés. Une frayeur, deux frayeurs, trois frayeurs plus tard, notre chauffeur étant tellement pressé, ce qui devait arriver arriva: nous nous retrouvons dans l’arrière de la voiture de devant, et moi sans ceinture. Nous sentions tellement le coup venir que nous n’avons pas été étonnées, mais le mal était fait, et nous avions emboutie la voiture qui nous précédait. Nous nous rangeons donc sur le bas-côté, et commence alors une longue discussion entre notre chauffeur, les français et leur voiture de location devant qui n’avaient plus de coffre, et le chauffeur de la voiture encore devant à l’origine de l’accident. Celui-ci n’avait rien trouver de mieux que de tourner, sur un axe très fréquenté, avec une ligne blanche au milieu. Idéal pour se faire emboutir, mais la recherche du véritable responsable nous apportait peu: nous étions arrêtées au milieu d’un grand axe, sous la chaleur extrême de Marrakesh en juillet avec deux petites bouteilles d’eau pour tenir. Plus de peur que de mal, heureusement dans tout ça, personne n’a été blessé.

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Après s’être concertées, nous avons demandé au chauffeur de nous appeler un autre taxi, estimant que celui-ci ne tiendrait pas les 3h de route restante jusqu’à Essaouira. Mais le Maroc reste le Maroc, et ce n’est qu’une heure plus tard que nous avons compris que ce dernier nous a mené dès le départ en bateau, nous faisant croire qu’il avait appelé un de ses collègues, alors qu’il avait juste la ferme intention de repartir avec la voiture en l’état, parce que c’est comme ça que ça marche ici, et que vous comprenez « il n’y a pas de problèmes ». Ben s’il y en a justement: nous sommes coincés ici, sans possibilités de négocier, et nous nous apprêtons à traverser le désert avec une voiture susceptible de nous lâcher au bout de 20 mètres. La décision est prise, nous souhaitons retrouver à la gare routière, reprendre un bus ou un autre taxi. Et nous ne nous démontons pas. Même si le chauffeur essaye tout de même de nous convaincre, il finit par céder et nous ramène, avec sa voiture sentant le plastique fondu et l’essence, en roulant à 20 km/h au point de départ.

11h30 – Marrakesh

Après un retard donc d’une heure trente en plein soleil et sous 44 degrés, nous voilà revenues à la gare routière. Nous apprenons alors qu’il n’y a plus de place pour le Bus de 12h et nous décidons donc de prévenir la propriétaire de Dar Maris (Ryhad pour le séjour) de notre mésaventure. Elle finit par nous arranger un taxi que nous devons rejoindre dans un hôtel en face. Sauf qu’il y a deux hôtel du même nom et que lorsque nous demandons à un passant dans la rue, ce dernier ne trouve rien de mieux que de nous indiquer le second, à 800 mètres plus loin, sous le soleil de midi, avec trop de valises pour un tel déplacement! Arrivées enfin à cet hôtel, nous nous asseyons et demandons à boire, à un barmaid que nous ne reverrons que 25 min plus tard… les joies du Maroc. Notre chauffeur de taxi pendant ce temps s’inquiète de ne pas nous voir au lieu de rendez-vous, logique, nous n’y sommes pas, coincées dans un autre lieu, et pourtant pas loin. Enfin, nous arrivons à prendre ce taxi et démarrons avec 3h de retard, notre trajet jusqu’à Essaouira.

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15h00 – Essaouira

Notre chauffeur nous arrête à Essaouira, pour que nous prenions un autre taxi 4X4, trop peur d’abimer sa belle voiture sur les pistes difficiles qui nous mènent jusqu’au Rhyad. Et le nouveau chauffeur nous emmène, en se trompant de route à deux reprises avant de nous déposer enfin à l’endroit tant attendu: Dar Maris.

Il est 16h30, nous pouvons enfin manger et nous hydrater correctement. Levées depuis 4h du matin, nous aurons mis plus de 3h de retard pour arriver à bon port. Un voyage qui commence déjà en faisant travailler. La semaine promet!