Se perdre une journée en scooter à Ubud

Share Button

Le scooter, cet engin à deux roues qui peut nous emmener n’importe où, prend tout son sens en Indonésie. Considérons l’état des routes, enfin des chemins, enfin ce qu’il en reste parfois, s’y aventurer avec une voiture devient un exploit voire une mission impossible. Alors que le scooter, avec ses deux roues et le gain de place qu’il offre pour se garer, est quasiment une institution dans ce pays, et ne pas l’utiliser serait se priver. Pour la modique somme de 40 000 Rp./ jour (tarif avril 2014 après négociation à Ubud), il vous emmènera n’importe où, et surtout là où vous ne l’aviez décidément pas prévu. C’est d’ailleurs ce qu’il m’est arrivé l’autre jour, et c’est ce qui a fait le charme de cette journée sympathique.

Campagne d'ubud Bali Indonésie

J’étais donc partie de bon matin dans l’idée de sortir de cette ville et de quitter les touristes pour aller explorer la campagne environnante, avec l’idée en tête aussi de voir si une fois sortie des villes, les habitants retrouvaient leurs sourires sincères, leur fraîcheur et leur accueil chaleureux que j’avais tant aimé à Sumatra. Me voici donc en route pour l’ouest de l’île, avec pour seule envie, celle de voguer là où le vent me mène enfin je dirais surtout, là où le scooter m’emmène. Après avoir quitté la route principale, une heure plus tard, me voici à prendre une route à gauche au hasard, puis une autre, et encore une autre jusqu’à me retrouver au cœur des rizières, sur un chemin désert, où les habitants bien moins blasés de voir des blancs dans le coin me sourient et me lancent des « Hello » chaleureux. Je vous laisse contempler les photos prises au hasard de ce chemin, car peu de mots sont capables de décrire la beauté des lieux (les photos non plus d’ailleurs).

Rizières nord ubud bali indonésie

 

Cette route m’a semblée interminable. Elle a fini par descendre, jusqu’à se transformer en un chemin caillouteux, presque impraticable en scooter, puis par remonter avant de retrouver une route prioritaire. Le doute m’a presque saisi au creux de cette vague, lorsque la route s’est transformée en un chemin de cailloux, où le scooter menaçait de déraper à chaque instant. Pour vous rendre compte, cette route devait faire 5 km, j’ai dû facilement mettre 45 min. Voilà voilà. Mais sinon c’était chouette, l’impression de vivre la « grande aventure ».

rizières route scooter bali indonésie ubud

Une fois revenue à plus de civilisation (enfin en comparaison des deux cahutes dans les rizières aperçues lors de l’heure précédente), j’ai réussi à trouver une petite warung du bord de route pour me ravitailler. Après ces quelques frayeurs, rien de mieux qu’un bon repas….. bien épicé. D’ailleurs cela me semblait louche depuis le début de ce road trip à Bali, de voir que les plats servis étaient pour la plupart assez soft, en comparaison de Sumatra. L’un des commerçant de Kuta avec qui j’avais discuté qualifiait même Sumatra de « spicy ». Mais non non, là j’ai bien bien retrouvé ce super chili qui arrache bien la bouche et anesthésie la langue, la gorge…. enfin tout ce qui est sur son chemin.

Warung nyoman ubud route

Une fois correctement rafraîchie et nourrie, me voici en route pour le retour à Ubud (la nuit tombe tôt et l’état des routes ne me donnent pas tellement envie de m’y aventurer de nuit), mais j’essaye tout de même de ne pas reprendre la grande route et de me perdre à nouveau pour voir ce que Bali me réserve. Sur le chemin, en total confiance sèchent des vêtements à même l’herbe, avec juste quelques cailloux posés dessus pour ne pas qu’ils s’envolent. J’ai tout de suite eu la pensée que si l’envie me prenait de faire cela en France, je peux rentrer nue le soir même. Et enfin un peu plus loin, j’ai eu le loisir d’observer une réunion de bonhommes (gros muscles, qu’entre hommes et concours de scooter sur le parking) au bord d’un tout petit étang, entrain de pêcher. La photo suivante a été un peu volée car l’ambiance « photo touristique » ne s’y prêtait clairement pas !

Vêtements Ubud séchage Bali Indonésie

pêche Ubud Bali Indonésie

Heureuse de cette journée riche en surprises et changement d’air, je suis gentiment rentrée me coucher comme une poule (ici, j’ai appris à vivre un peu à l’heure d’Ubud : réveillée avec le jour et le chant des coqs, et déjeuner à l’heure à laquelle le ventre le réclame et dîner avant la marée de touristes, c’est à dire vers 18h30-19h30 maximum). Ce qui donne un endormissement précoce, vers 22h-22h30. Le scooter c’est ok, à renouveler rapidement.