Les Dessous Du Milieu Du Bien Être

Les dessous du milieu du bien-être

Voilà presque 10 ans que je suis dans le bien-être à titre professionnel et plus de 15 ans à titre personnel. Je me souviens encore de mes premiers pas dans le monde de l’énergétique et du développement personnel. Des étoiles plein les yeux et des rêves plein la tête. Un nouveau monde s’offrait à moi, un monde de bonté, de gentillesse, de courtoisie, de coeur envers son prochain…cruelles désillusions.

Après 10 ans, je dois dire que je suis arrivée à un moment de saturation physique, et émotionnelle. Je suis épuisée, de tant de choses qui me font au fur et à mesure, tourner le dos à ce milieu du « bien-être ». Ce milieu tellement hypocrite qu’il finit par ne plus me correspondre.

Une bataille entre thérapeutes et un monde du bien-être bien loin de ce que vous pouvez imaginer

Ne pensez pas que « thérapie bien-être » signifie papillons-licornes-et-bisounours comme on veut bien vous le laisser croire. Les thérapeutes « bien-être » sont les premiers à n’avoir aucuns scrupules, si ce n’est pour regonfler leur égo en mal de vivre. Alors pour cela, ils n’hésitent pas à employer les grands moyens et sortir l’artillerie lourde:

  • Vol de contenu de formation et de stage sans demander l’autorisation. Ben oui, mais quand on connaît un temps soit peu la loi de l’attraction, on s’imagine bien qu’un jour ou l’autre, ça vous reviendra sur la tronche.
  • Vol d’article, d’écrits, de photos en tout genre sans jamais en citer la source. Ça serait dommage de reconnaître que pour une fois, quelqu’un a mieux écrit – pris en photo ou expliqué quelque chose que vous. D’ailleurs sachez qu’il existe des lois pour cela, et qu’un jour ou l’autre vous risquez de prendre une amende salée sur le coin du nez.
  • Proposition de soins alors que les thérapeutes sont eux-mêmes au bout du rouleau et qu’ils prennent milles médicaments pour tenir.
  • Créations de méthodes ou de produits vous promettant des « miracles » alors que ça ne sert pas à grand chose à part vous prendre tout votre argent.

Que dires des stages ou des formatons qui vous reçoivent à plus de 10 personnes, si ce n’est pour faire du chiffre? Que dire des thérapeutes qui vous proposent des thérapies à 10, 20 ou 30 séances minimum pour que cela marche? Que dire des « apprentis gourous » qui se permettent de vous dire que vous avez « tel ou tel » don juste pour vous flatter l’égo et que vous reveniez ensuite dans leurs filets? Qui est mieux placé que vous pour savoir ce que vous valez ou ce qui est bon pour vous, si ce n’est vous-même? Que dire de ces personnes qui ne sont bénévoles que pour tirer la couverture à soi, ou pour avoir leur nom en haut de l’affiche mais qui n’en ont pas une seconde l’esprit, ni l’envie?

Je suis fatiguée de ce milieu. Fatiguée de voir qu’en 10 ans de métier, je ne peux compter qu’une ou deux personnes en amis dans les « collègues » que je côtoie? Parce que tout cela manque de franchise, parce que les gens ne sont sympas que dans leur pur intérêt. Parce que quand je vois ce qu’ils disent ou font à leur client, ça me dégoûte de voir qu’il y a une totale absence d’éthique et de compassions…

Des clients de plus en plus exigeants et éloignés de la réalité

Quand j’ai commencé à m’installer, les clients étaient compréhensifs, adaptaient leurs horaires, n’appelaient pas n’importe quand et surtout, n’étaient jamais agressifs. Depuis un certain temps, je suis fatiguée de devoir couper mon téléphone le dimanche parce que quelqu’un me harcèle littéralement le soir et le dimanche (21h50 et 6 appels à 12h le dimanche) pour me laisser comme message « non mais puisque vous ne voulez pas travailler, je vais aller voir quelqu’un d’autre ». Mais je vous en prie, avec grand plaisir!

Je n’en peux plus globalement:

  • Des gens qui souhaitent négocier tout le temps ou qui demandent des réductions à tout va alors que depuis 5 ans, je n’ai jamais augmenté mes tarifs et que je ne prends que des groupes de 4 personnes.
  • Des gens qui me demandent un rendez-vous « en urgence » et qui, quand je leur propose me répondent « non mais pas avant 1 mois, je suis en vacances avant »…
  • Des gens qui prennent des rendez-vous, puis qui décident de ne pas venir le jour J, sans prévenir, ou tout simplement parce qu’ils ne se sont pas levés-changé-habillé-douché… (remplacez par la réponse la plus malhonnête que vous trouvez). Comme si c’était mon travail de refuser du monde, et d’attendre que quelqu’un veuille bien venir au cabinet.
  • Des gens qui me prennent pour leur mère-amie-coiffeuse-tatie alors que je suis votre thérapeute et qui me tutoient dès le premier rdv en enlevant leur chaussure en rentrant, comme si on se connaissait depuis 10 ans.
  • Des gens qui sont agressifs parce que quelque chose ne leur plaît pas (horaire, date de rdv trop lointaine, tarif… ) et qui ne se posent même pas la question du respect.
  • Des gens qui critiquent votre vie publique, tout simplement parce qu’ils sont derrière leurs écrans et qu’ils n’oseraient jamais le dire en face.
  • Des messieurs qui me prennent pour une p_____ et qui pensent qu’en allongeant gentiment le prix du massage ils pourront avoir plus…. Je vous renvoie tout particulièrement à cet article. 

Alors pour tout ça, j’en suis arrivée à me demander, quel est mon métier aujourd’hui? En suis-je rendue à être une commerçante du bien-être obligée de me justifier tout le temps pour vous prouver que je fais correctement mon travail, de façon investie et consciencieuse? Ou dois-je me transformer en commerciale qui a pour but de vous vendre un produit (ma prestation) au plus cher, au plus offrant, sans me soucier de ma conscience?

J’ai travaillé dans plusieurs domaines avant celui-là. Des domaines bien plus pourris de prime abord, mais qui s’assumaient au moins. J’ai travaillé dans des équipes de garçon, de filles, avec des clients, des patients, sans ça. J’ai été responsable de formation, chef d’équipe, et pourtant, jamais je n’ai vu un milieu aussi pourri de l’intérieur, tout simplement parce qu’il se trouve aujourd’hui être à l’opposé de ce que l’on vous vend.

Lorsque j’ai commencé, nous avions (avec certaines de mes collègues encore dans le milieu), des rêves plein la tête et surtout, l’envie pour chacun d’apporter sa pierre à l’édifice en mettant du sérieux dans le milieu, et en cherchant, comprenant ce que nous affirmions. Aujourd’hui, chacun vole le contenu des autres, sans se soucier de ce qui est vrai ou faux. On vous forme de plus en plus rapidement, avec de moins en moins de méthode. En prétextant « que vous savez déjà tout, que vous avez ce don naturel en vous, que vous n’avez pas besoin d’apprendre ». Ben si, je suis désolée, vous avez besoin d’apprendre. Même si certains sont déjà plus avancés que d’autres. Croyez moi de par mon expérience en tant que formatrice mais également praticienne, ce sont ceux qui pensent en savoir le plus qui font le plus mal, souvent. Et si cela vous chatouille quand je dis ça, c’est sûrement une fois de plus votre égo qui en prend un coup.

Je suis triste. Triste de voir ce que l’on fait de grands principes de vie. Triste de voir que le milieu du bien-être n’est plus seulement motivé par des gens qui cherchent une quête, mais par beaucoup qui cherche une reconnaissance et de l’argent. Alors comme je suis dans ces réflexions depuis quelques mois, et que je cherche désormais ma place dans cet univers qui ne me convient pas, je me pose sérieusement la question de continuer ou non. Pour le moment, je n’ai pas décidé. Mais je voulais vous en faire part, pour que vous compreniez, pour que vous puissiez vous en rendre compte aussi par vous-même de l’ambiance du milieu, et que certaines puissent aussi remettre en question certains de leur comportement.

Commentaires
  1. Emmanuel

    Bonjour, plus qu’un domaine (le milieu du bien être), je pense que cela vient d’une époque, notre époque. En effet, tous les domaines sont touchés par ce genre de comportements irrespectueux (particuliers, entreprises, administrations ou associations).
    Face à cela, deux solutions:
    1. Un lâcher-prise total, tout en continuant de faire votre travail dans les valeurs que vous défendez, soit comme vous le désirez,
    2. Des sanctions irréverssibles envers les gens de cette catégorie, en prétextant (avec la même attitude hypocrite !) que vous êtes overbookée, mais tout en proposant un autre térapheute en guise de substitution. PS: Ainsi, si tous les thérapeutes-amis en font de même, la donne changera pour chacun d’entre-vous.
    Bonne journée.

  2. Virginie Thuilliez

    Oh ! je viens tout juste de découvrir votre blog, et je dois dire que cet article m’a fait un peu peur, lol… J’ai intégré le monde du bien-être depuis un peu plus d’1 an seulement…. (comme vous, j’ai travaillé dans le monde de la formation préalablement). Je pense être plein de bonnes intentions… certains de mes anciens étudiants m’avaient surnommée le « bisounours »… certains affectueusement… d’autres un peu moins (on ne peut pas plaire à tout le monde !)
    Bref, j’espère que je parviendrai à trouver ma place dans ce monde de brut. Et également, j’espère sincèrement que vous parviendrez (nous parviendrons) à faire en sorte que les bonnes intentions sortent vainqueur de ce milieu du bien-être !
    Je vous envoie mes encouragements pour la suite…

  3. Anne Le Merdy

    Très chère Audrey, merci pour ce bel article qui me touche beaucoup .
    J’ai envie de te dire confiance , les gens qui te méritent viendront vers toi et les autres et bien oui il faut s’en protéger , dire non dès qu’on ne les sent pas, s’affirmer fermement, se mettre en colère😉
    Dur, dur mais c’est notre monde je crois
    Repose-toi bien, je te souhaite de très très belles vacances et je t’embrasse du fond du cœur , Anne

  4. Christine

    Chapeau bas, Audrey !
    Merci à toi d’avoir le courage de dévoiler l’envers du décor( pas très lumineux en effet…), et ce faisant de faire écho au ressenti des personnes intègres qui affrontent les réalités de ce milieu.
    Cela fait seulement 3 ans que je c^otoie l’univers des « thérapeutes » , et je suis déjà écoeurée par ce que j’y observe régulièrement (et que tu as mentionné, sans parler des fameux « salons bien-etre » et autres réseaux de » thérapeutes »… C’est une grosse claque !!!
    Je me retrouve tout à fait dans ton questionnement. Qu’y a-t-il a en apprendre? Quel choix pour la suite?
    En attendant, prends soin de toi, et profite à fond de ton voyage ressourçant , peut-Etre te réserve-t-il de nouvelles clés ;-)

  5. Audrey Massiot

    Bonjour Audrey, je vous suis depuis quelques temps car j’ai moi même choisi de m’orienter vers un métier de bien être (l’hypnose) et que j’apprécie beaucoup la qualité, le contenu et l’orientation de votre blog/site. Je dois dire que votre article m’a beaucoup touché. Depuis que j’ai commencé, on me demande si je me « protège » (sous-entendu des « énergies négatives » des clients). Je dois dire qu’en lisant ce post, c’est en effet surtout une protection liée à tout cela qui est nécessaire. Le bien être devenant de plus en plus tendance, il a malheureusement son lot de « consommation » avec tout ce que cela peut sous entendre. Je vous souhaite de très belles vacances, pleines de ressources ;-)

  6. Pelletier Marie-Paule

    On ne se connait pas et pourtant c’est vous qui m’avez donné envie de faire ce métier quand j’étais en plein questionnement sur mon avenir professionnel. Vous avez pris le temps de répondre à mes questionnements sur ce futur métier auquel je me destine désormais. Depuis je n’ai rien lâché et je continue de vous lire car vos articles sont passionnants, riches. A n’en pas douter vous incarnez la bienveillance envers autrui. J’espère que ce break estival va vous permettre de trouver les ressources nécessaires pour poursuivre votre activité. Je vous souhaite de belles vacances dans ce merveilleux pays.

  7. Monika

    Merci Audrey pour cet éclairage de ce monde qui de l’extérieur peut paraître plutôt bienveillant puisque c’est le monde du bien être .. effectivement on ne peut pas faire l’impasse sur son côté commercial puisque c’est un travail , une profession …
    Mais cette relation entre thérapeutes est décevante … le mot qui me vient est vol
    Il est essentiel d’avoir pour nous ,qui sommes à la recherche d’accompagnement aussi bien au niveau de notre bien être ou dans nos formations , des personnes comme toi ., à l’écoute , bienveillante..

  8. Damien MÉRUT

    Wow, c’est un article coup de gueule. Je ne suis pas longtemps dans le domaine du bien-être pour tant j’ai pu déjà constater tes dire chez certain(e)s. C’est malheureux autant pour eux que pour leur client. C’est difficile à tout point de vue apparemment, mais un bon praticien, selon moi, doit d’abord s’occuper de lui avant les autres, Apprendre pour mieux transmettre, c’est ce que je fais, alors oui mon chiffre d’affaire sans ressent, mais c’est primordial.

Laissez un commentaire

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.